Traduire la poésie

«Un poème est un flux, il doit s’écouler librement comme une respiration, du moment qu’on ne trahit ni le sens, ni le rythme, ni la musique profonde»

traduire la poésie

« Seul un poète peut traduire la poésie » – Vraiment?

Lorsqu’on parle de traduction littéraire, la première chose qui nous vient à l’esprit est bien souvent la traduction de romans. Mais il existe bien d’autres genres littéraires. Alors qu’en est-il de la poésie? Certains diront que “seul un poète peut traduire la poésie“. En effet, traduire la poésie est une tâche bien complexe puisque le traducteur ne peut prétendre à une parfaite équivalence sémantique ainsi qu’à une équivalence sonore exacte. La difficulté majeure de ce type de traduction reste donc de restituer l’union du sens et de la sonorité qui font le cœur d’un poème.

Les complexités de la poésie…

La poésie est un jeu de langage, de forme et de musicalité.
Traduire la poésie a pendant longtemps été considéré comme impossible car restituer de manière équivalente à la fois le sens et la forme d’un poème semblait être une chose irréalisable.


LA FORME
Un poète joue avec les sonorités de sa langue: jeux de mots, rimes, rythme et mélodies sont au centre d’une oeuvre poétique. Cependant d’une langue à l’autre, les termes et leur sens diffèrent et peuvent rapidement entraîner un contresens ou ne pas rendre l’entièreté du sens original.

La rime est l’une des choses les plus difficiles à restituer en traduction. En effet, si l’on se focalise sur la restitution de la rime, ce sera forcément au détriment d’un autre élément comme l’exactitude du sens ou encore le non-respect de l’ordre des mots de la phrase. Il est alors nécessaire de trouver le juste milieu entre forme et sens.

LE SENS
Faire revivre dans la langue d’accueil l’expérience vécue par le créateur d’un poème exige que l’on recrée ses modes de pensée, d’imagination et d’expression. Il est important de ne pas s’éloigner du sens original et de conserver un juste milieu entre la volonté originale du poète et l’expression individuelle que l’on s’en fait. Sophie Benech indique que “chaque mot dans sa langue est plus ou moins consciemment mis en rapport avec ses racines, avec les refrains de chansons qu’il évoque spontanément, avec l’impression que produit sa seule sonorité”. 

Traduire la poésie est avant tout un plaisir!

Comme le dit Sabine Rolland, la traductice de Milk and Honey, l’oeuvre poétique de Rupi Kaur: “quand la poétesse possède une belle plume, elle facilite grandement la tâche de la traductrice”. Si cet exercice exige bien sûr des compétences linguistiques il exige aussi surtout une sensibilité littéraire, presque artistique. Et il est notamment très important d’être capable de comprendre le texte dans son entièreté afin d’en déceler les sens cachés et de s’immerger dans l’univers de l’auteur.

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